Le mythe du chien parfait (… ou la culpabilité et les comportements débiles qui en découlent)

Ça fait longtemps que je ne suis pas venue. J’avais autre chose à faire, vous comprenez ? J’ai même écrit un livre.

Mais je viens de comprendre quelque chose de tellement important, qui change tant de choses dans mon rapport à mes chiens et qui nous fait beaucoup de bien alors… alors ça méritait bien un petit article.

Rappel du contexte

Nous avons une maison, dans laquelle vivent deux humaines, deux chiens, quatre chats (oui, on s’est agrandi) et trois poules (ces dernières vivant, en fait, dans une zone du jardin sécurisée et adaptée à leurs besoins de poules.)

A priori, vous connaissez déjà les chiens, mais, au cas où, nous avons une dame de bientôt 7 ans, tamaskan, née en Angleterre, stérilisée l’hiver dernier après deux portées, Ayla. Et Merlin, bientôt 4 ans, mâle né en france d’un père mid content AWD et d’une maman CLT, stérilisé lui aussi l’été dernier après une portée. Ces deux là vivent exclusivement au rez de chaussé de la maison, le premier étage étant réservé aux chats, les deux espèces n’ayant pas trouvé de solution de cohabitation dans notre famille.

Les chiens ont une pièce de 9m² qui leur est totalement consacrée, de cette pièce ils ont un accès à volonté dans un enclos de 400 m² sécurisé au moyen d’une sorte de chatière surdimensionnée.

La journée, à peu près un jour sur deux, ils ont accès au reste du terrain (1000 m² en tout), l’autre jour étant réservé aux poules (pas de jaloux !).
Lorsque je rentre du travail, Ayla nous rejoint jusqu’au moment du couché.

Oui. Juste Ayla. Je vais y venir.

Un chien bien dans ses pattes…

Quand j’ai adopté Ayla, j’avais une idée bien précise de ce que serait mon chien, en plus d’être la plus jolie, elle serait câline, attentive, calme et intelligente. Elle me suivrait comme mon ombre, partout, tout le temps, et attendrait patiemment que je finisse mes trucs d’humain pour qu’on aille se promener, en marchant et non au pas de course, sur des chemins dont elle ne sortirait jamais, et surtout pas pour courser des animaux. Evidemment, elle serait sociable avec tous les autres chiens, mesurée dans ses réactions, patiente et un peu hautaine. Quant aux gens ? Et bien, elle serait réservée et amicale.
Je pourrai la laisser seule à la maison durant de longues heures sans qu’elle ne détruise tout et elle ne volerait pas l’éventuelle nourriture que je laisserais traîner sur la table. D’ailleurs, elle s’entendrait bien avec mes chats.

Je voulais un chien bien dans ses pattes. Tout simplement.

L’épreuve de la réalité.

A l’arrivée, certaines de ces idées se sont effectivement révélées correspondre à ma chienne mais la très grande majorité se situe à l’extrême inverse de ce qu’elle est : prédatrice (elle en est à son 3e chat tué, un marcassin, une poule et je ne compte pas les rongeures), indépendante à l’extrême, têtue comme une mule, totalement dénuée de sens de l’humour, extrêmement démonstrative lorsqu’elle salue des gens qu’elle aime (trop), exigeante, dingue de bouffe et flemmarde comme pas deux… Ah, et aussi, parfaitement intolérante avec les autres animaux, soit ils suivent sa loi, soit « ils seront punis ! Jouer ? Non. Par contre je veux bien thésauriser tous les jouets de la maison. C’est tout. » En balade ? J’ai plutôt intérêt à ne pas oublier la longe sinon elle va prendre 500 m d’avance et je vais serrer les fesses toute la promenade en espérant que nous ne croiserons aucun autre être vivant. (Elle ne fugue pas, elle fait seulement sa balade de son côté). Elle n’aime pas trop faire des efforts physique pour le fun, tracter un vélo par exemple, c’est pas rigolo au delà des 5 premières minutes (c’est à dire le moment où on descend la pente devant la maison au triple galop).

Ceci étant, il y a de très bons côtés d’elle que je n’avais pas envisagé, par exemple elle est extrêmement stable, rien (ou presque) ne la perturbe. Elle déteste la pluie. Vraiment. Au point où, s’il le faut, elle se retiendra de faire pipi durant plus de 24h pour ne pas se mouiller les pattes (c’est rigolo). Elle adore apprendre des trucs, faire des exercices, jouer à des jeux d’intelligence et danser avec moi. (Ne nous jugez pas.) Elle ronfle, et c’est si mignon. Elle est un vrai morpion de canapé, elle peut y passer des heures sans en bouger. D’ailleurs, elle regarde et commente (ce qui n’est pas toujours agréable) la télé. Elle aime les promenades en ville et se comporte très bien en laisse.
Elle est un peu avare en bisous, mais elle adore les câlins et fait ça avec douceur. Elle est très patiente avec les enfants (petits) et les chiots (jusqu’à 3 mois). A l’intérieur, elle est extrêmement agréable, très obéissante, jamais destructrice, toujours calme, un plaisir constant.

Ceci est un chien détendu.

Alors… J’me suis dite que j’avais merdé. Une mauvaise socia, une éducation pas assez ferme, trop laxiste peut-être. On m’a tellement dit qu’elle allait me « passer dessus » qu’à une période j’avais peur d’elle. Je culpabilisais beaucoup de ma chienne si peu sociable, que je ne pouvais pas lâcher sereinement en balade. Les gens jugent constamment, et moi, j’étais la pire des juges envers moi-même.

Quand nous avons adopté Merlin, j’avais décidé plein de trucs. Et devinez quoi ? Ça n’a pas fonctionné.

Merlin c’était un chiot hyper joyeux et sociable, très actif, très curieux. Il s’exprimait constamment, très sensible c’était très vite la fin du monde.

Là par exemple, j’étais « partie » me brosser les dents.

Et puis… il y a eu la montée d’hormones, la première (et aucune des suivantes n’a été aussi significative en terme de changement de comportement). Subitement, le monde est devenu effrayant, les gens sont devenus terrifiants, heureusement qu’il y avait les autres chiens.

Alors oui, contrairement à Ayla (et contre toutes attentes) Merlin n’est pas prédateur. Contrairement à elle, aussi, il est sociable avec tous les chiens (sauf quand elle est là, auquel cas, il va « la protéger » des attentions indésirées des autres chiens et il manque de mesure dans ces cas là). Contrairement à elle, aussi, il est parfaitement digne de confiance en liberté en promenade, il ne s’éloigne jamais, il revient toujours au rappel, il est attentif et ne saute pas sur les humains ou les chiens que nous croisons. Il adore tracter le vélo, et est très attentif aux consignes, c’est un vrai plaisir.
Il est voleur, mais il rend ce qu’il a piqué (contrairement à Ayla)

Mais… il va avoir 4 ans et n’est toujours pas propre à l’intérieur, à chaque fois qu’il ressent un truc il pisse. C’est chiant.
Il est hyper destructeur, si tu le laisses sans surveillance (réelle, la présence n’est pas dissuasive) dans une pièce où il peut détruire quelque chose, il le fera. Il sait marcher en laisse, il a été travaillé pour pouvoir venir en ville et il supporte le monde, les voitures, les stimulis. Mais il déteste ça. Lui qui est toujours content, qui remue la queue en permanence, s’il est en ville ce sera avec la queue basse et inexpressive.

Il n’est pas calme à l’intérieur, il peut l’être si j’ai une heure à investir pour qu’il reste couché une demie heure avec nous. Et soit, il aura été épuisé par le travail préalable et il dormira, soit il faudra lui occuper la gueule constamment avec un jouet. Au bout de la demie heure, invariablement, il recommencera ses rondes et demandera à sortir.

Ceci n’est PAS un chien détendu.

Pourtant, il est collant et adore les câlins. Mais dehors c’est mieux. Il sait qu’il n’a rien à craindre de nous mais… c’est quand même plus détendu s’il sent qu’il a la possibilité de bouger comme il le veut. Il n’aime pas être enfermé. Il dort dans leur chambre, avec Ayla, mais une fois réveillé il est dehors en permanence, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige.

Et pendant des années, je me suis battue. J’ai vu des comportementalistes, des éducateurs. J’ai travaillé avec lui. Je voulais qu’il apprenne à SE gérer à l’intérieur pour que JE puisse me sentir plus détendue et moins coupable. Après tout, ce chien qui vit dehors et que je ne vois que peu les jours où je travaille, c’est un animal négligé non ?

Alors, l’été, c’est plus simple. On passe beaucoup de temps dehors, les portes sont ouvertes, c’est plus facile pour tout le monde.

Mais l’hiver, impossible. Pourtant, j’avais vraiment envie des soirées télé à 4 sur le canapé.
Pour cela, il fallait donc ouvrir à Merlin. Si je fais cela et que je le laisse décider de ses déplacements, il va entrer, courir partout, pisser, sortir, courir, rentrer, courir, sortir etc, jusqu’à ce qu’il finisse par rester dehors. Evidemment, cela est usant. Au passage il aura retourné la maison, une des deux humaines aura pris un coup de patte et sera en train de pleurer, le vase de mamie fernande aura été pété et Ayla grognera systématiquement dès qu’il s’approchera d’elle à trois mètres. Autant pour la soirée télé tranquille.
Si, consciente de cela, je le fais entrer en ayant une laisse en main, et que je le travaille disons une demie heure pour qu’il se mette en tête que là, on court pas. et bien… j’aurais passé une demie heure à faire faire des exos à la con à mon chien. Ca ne l’aura pas amusé (il n’est pas Ayla), ça ne m’aura pas amusé (ça ne m’amuse que si ça amuse le chien). Nous allons avoir du ressentiment l’un pour l’autre et… quinze minutes plus tard il faudra recommencer jusqu’à épuisement. Toujours pas une soirée calme et agréable.

Au début, j’ai cru que c’était juste une question de persévérance et qu’à force le chien saurait se gérer sans qu’on ait besoin de passer par la phase « travail ». Guess what ? Ce n’est jamais arrivé et on a fini par abandonner.

Alors peut-être qu’il ne fait pas assez d’exercice ? Probablement, dans l’absolu. Mais les jours aux 20 km de rando, il se comporte pareil à la maison. L’épuisement arrive plus vite, mais pour moi aussi, alors c’est pas forcément plus facile.

Et donc, la merde.

Et me voilà, avec ma chienne chiante en balade, capable de transformer la plus sympa des promenades en moment de stress ininterrompu, et mon chien intenable à la maison, infoutu d’apprécier un moment calme et cuddly devant sur le canapé.

Mais il FALLAIT que ça marche. Tant pis si Ayla n’était pas sociable, après tout, c’est moi qui avait raté sa socia et c’était trop tard maintenant. Mais pour le reste, je me devais de faire en sorte que les choses rentrent dans l’ordre.

Alors, pendant des années, je me suis forcée à amener mes deux chiens en promenade ensemble, à TOUTES les promenades. On allait en ville ? Tant pis pour Merlin. Une balade avec d’autres chiens ? Tant pis pour Ayla. Des enfants qui courent et crient ? Tant pis pour tout le monde ! Mais je les prenais quand même, c’était « bon pour eux », vous voyez.

Si je sortais Merlin en cani vtt, au retour, j’attelais Ayla pour que, elle aussi, elle en « profite ».

Si je voulais garder Ayla pour la soirée, je me forçais à « essayer » de garder Merlin aussi, et quand nous craquions, nous couchions les deux. Pas de jaloux.

Juste moi, à ronger ma culpabilité et ma frustration. Ayla, privée de canapé et de temps calme et Merlin, obligé de se battre contre lui même pour endurer mes fantasmes de chien « civilisé ». Au final, qui cela rendait heureux ?

Aucun de nous.

J’ai fini par craquer.

Finalement, on a appris aux chiens à vivre un peu l’un sans l’autre et pour les balades en libre, je prends soit l’un, soit l’autre. S’il y a un risque de croiser un troupeau, c’est Merlin. Si on va en « milieu civilisé » et qu’une laisse est impliquée, c’est Ayla qui en profite. Il y a un vtt à tracter ? Alors c’est pour Merlin. Un autre chien, joueur et joyeux ? Aussi Merlin. Mais cet autre chien est un mâle adulte calme et viril ? Ce sera pour Ayla alors.

Le soir, Merlin mange dans sa chambre, et Ayla dans le salon. Merlin met entre 30 min et une heure et demie pour manger. Ayla 35 secondes. Du coup, on la garde durant ce temps pour que Merlin mange tranquille. Et puis, un jour, on a « oublié ». Merlin n’a rien dit. Ayla a kiffé.
Depuis, elle a ses soirées sur le canapé et Merlin est tranquille dehors. Il ne demande pas à rentrer, il ne pleure pas.

J’en parlais à une amie la semaine dernière, un peu angoissée d’avoir finalement rompu « l’équité » et me sentant une mauvaise maîtresse. Elle m’a répondu : « Ben je vois pas pourquoi c’est nul ? C’est plutôt super de faire ce que les chiens veulent et pas ce que les humains pensent. »

Mind blown.

Ce moment où on se demande si…

Est-ce que – vraiment – Merlin a envie d’être avec nous à l’intérieur ? Ou est-ce qu’il préfère être dehors, tant pis si nous ne sommes pas là avec lui ? Est-ce qu’il se conduit dedans comme ça parce qu’il est mal éduqué, ou simplement parce qu’il n’est pas à l’aise à l’intérieur ?

Est-ce que – vraiment – Ayla est une chienne « pétasse » et castratrice, ou est-ce que, juste, elle n’aime pas particulièrement socialiser avec les autres chiens ?

Est-ce que Merlin profite réellement des sorties en ville, ou est-ce que c’est une épreuve qu’il endure parce que je ne lui en laisse pas le choix ?

Est-ce que ça intéresse Ayla, au fait, de tracter un vélo ?

Est-ce que ces balades si stressantes où je me force à détacher Ayla pour qu’elle puisse « courir » et où, juste, elle marche 500 mètres plus loin pour échapper à mon stress et mes rappels incessants doivent absolument avoir lieu ? Ou est-ce que ces autres balades en laisse où nous sommes toutes deux détendues et joyeuses ne sont pas suffisantes et plus adaptés à nos caractères ?

Est-ce que je maltraite Merlin en le laissant dans son espace, et en prenant Ayla avec nous ? Ou est-ce que je lui laisse l’espace et la liberté dont il a besoin pour ne pas se sentir oppressé ?

Est-ce que je ne maltraiterait pas, à l’opposé, Ayla en la privant de soirées canapé avec nous parce que je ne veux pas que Merlin se sente seul dehors ? D’ailleurs, est-ce que Merlin se sent vraiment seul ? Lui si expressif, il dort tranquillement au lieu de pleurer et de gratter à la porte.

Et nous, humaines ? Que ressentons-nous ? Dans quelle configurations nous sentons-nous le mieux, le plus juste avec eux ? Avec nous ?

Je ne m’étais jamais posée ces questions. Je faisais ce que je croyais *devoir* faire pour obtenir ce fantasmé chien « bien dans ses pattes » et, ce faisant, je crois bien que je n’écoutais pas ce que me disaient mes chiens.

Je crois bien que je me faisais des illusions sur le temps et les moyens que je pouvais leur consacrer au quotidien aussi.

Je crois que je me voilais la face pour ne pas trop avoir l’impression de faire « moins bien » que les autres. Tout en ayant une conscience très aiguë de tout ce que je faisais « mal » ou pas « assez bien ». Jusqu’à dire, à plusieurs reprises que je ne me serais pas vendu de chiot à moi-même.

Est-ce que toute cette souffrance en vallait la peine ?

On fait le point ?

J’ai fini par baisser les armes et par regarder. Regarder mon gros chien couché de tout son long sur la terrasse. Lui qui se jette dans mes bras et me nettoie la totalité de mon visage lorsque je sors dans le jardin. Ce gros chien est heureux. Surtout sans canapé obligatoire. Surtout sans balade en ville. Surtout sans le stress de devoir se contenir, de devoir supporter les portes fermées, l’immobilité obligatoire et le calme factice. Les bruits étranges, les zones interdites, le pipi qui fâche tout le monde et tout ce qu’on n’a pas le droit de mâcher.
Mon gros chien, il adore les grandes promenades en tête à tête avec sa maîtresse, il peut courir, il peut renifler et se jeter dans ses bras. Il prend la pose et lui raconte les choses qu’il entend, dans sa langue à lui qu’elle comprend pas mais écoute avec attention. Il est content parce que lui, il veut juste de l’attention et des kilomètres à parcourir. Le canapé c’est nul.

J’ai fini par regarder ma chienne, ronflant sereinement, blottie contre moi après cette petite balade de 20 min dans le village où elle a pris soin de faire pipi sur chaque brin d’herbe avant de rentrer, très satisfaite, marchant à mon pied, laisse détendue. Cette chienne est heureuse. Elle n’a pas eu à endurer la présence d’autres chiens, c’est stressant les autres chiens. Elle n’a pas eu à supporter les cris de sa maîtresse débile qui a peur car elle « risque » d’aller tuer un chat (ou whatever n’est ni un chien, ni un humain), mais qu’elle n’assume pas de la garder en laisse tout le temps. Elle n’a pas dû courir durant des kilomètres pour n’aller nulle part. Non, ma chienne a dansé avec sa maîtresse, quelques passages autour des jambes, quelques petits bonds et un jappement joyeux. Elle a reniflé les odeurs. Elle a mangé une croûte de fromage, et maintenant elle est au calme et au chaud. Elle aime ça.

Alors à moi de me débarrasser de ma culpabilité et de cette pensée absurde qu’un chien doit être « comme ça », sinon c’est que nous, humains, ne sommes pas à la hauteur.

Le chien, il est comme il est, et nous, on fait de notre mieux.

La bonne attitude est celle où nous sommes tous sereins et satisfaits.

La Baskerville (ou comment déguiser ses chiens en Hannibal Lecter)

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, un petit article « technique » pour vous parler d’un ustensile canin sujet à débat, toujours regardé de travers et, au final, bien injustement considéré : La muselière.

Cet article parle de la muselière dite « Baskerville » qui est à la fois résistante et « tenace » (le chien ne peut pas l’enlever d’un coup de patte), mais qui permet à l’animal d’haleter, de boire, de manger et de communiquer normalement. Pour résumer, la seule chose qu’elle empêche, c’est la morsure.

Depuis quelques jours je travaille les gros tous les soirs pour les désensibiliser au port de la muselière.
De toutes petites séances d’une dizaine de minute par chien, me coûtant très cher en friandises très appétissantes.

Le principe : Je présente la muselière, ouverte, en la tenant d’une main au fond de laquelle j’ai déposé une friandise. Pour prendre la friandise le chien met son museau dans la muselière. Le but étant d’associer la muselière à quelque chose de fort positif.

A l’étape d’après, je commence à fermer la muselière, avec beaucoup de douceur et toujours à grand renfort de friandises. Les deux ont essayé, à cette étape, de quitter leur nouveau masque. L’idée à ce moment là c’est, à nouveau, de recentrer les chiens sur la friandise, pour les distraire.
Une fois qu’ils sont assis, calme et gourmand, on enlève la muselière.
Puis on recommence…
Une fois le « port » totalement accepté, on fera un petit essai en extérieur sur une balade courte.
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Okay, mais pourquoi je fais ça? J’ai eu l’idée en pensant à leur rdv du 14 septembre chez un véto inconnu qui va devoir leur examiner les yeux pour leur certificat d’absence de tare oculaire (le fameux dernier test de santé qui manque). C’est deux heures de route (l’aller simple), pour cette observation. Des chiens stressés, et une manipulation inhabituelle à laquelle je ne peux pas vraiment les préparer parce que… je ne sais pas quelle est la nature de la manipulation en question.

Ayla a un passif un peu complexe avec les vétos. Ça se passe très bien avec notre vétérinaire actuelle, mais les choses ont été parfois compliquées par le passé. Je ne connais pas le veto que nous allons voir (le choix de vétérinaires agréés est assez restreint) et je ne connais donc ni ses habitudes, ni sa connaissance des CL, ni sa patience, ni même son relationnel avec les chiens (parce que OUI, certains véto ont peur des chiens.) Tout ça mis bout à bout et ajouté à des souvenirs assez marquant de ma chienne en mode « gremlins », tenue par deux ou trois personnes et muselée à l’arrache par un bout de tissu l’empêchant de respirer, le tout pour une toute petite prise de sang de rien du tout, m’ont conduite à vouloir prévenir ce genre de délire.

Un chien muselé, c’est un chien qui ne peut pas mordre. Un chien qui ne peut pas mordre, c’est un chien dont les gens ont beaucoup moins peur, et donc envers qui ils ont des réactions moins débiles (parce que oui, la peur rend tout le monde débile).

Je me dis qu’un chien habitué à la muselière c’est une sécurité. En cas de blessure par exemple. Mais ça peut aussi être un peu plus de liberté pour le chien… Par exemple, un chien un peu « dur » qu’on pourrait mettre en contact sans crainte de bobos avec d’autres chiens. Ou redonner la possibilité de sortir à des chiens tellement durs que leurs maîtres n’osent plus de crainte « qu’il se passe un truc ».
Dans ces conditions la muselière permet au chien de vivre des expériences dans un contexte sécurisant (pour les autres chiens, mais surtout pour les humains concernés.)

De plus, le port de la muselière est obligatoire dans les transports en commun où les chiens sont autorisés (train, tram etc…)

Mais bon, c’est vrai que ça n’est pas joli.

Pourquoi Merlin serait un « outcross » de valeur pour les Tamaskans.

Bonjour,

Aujourd’hui, il est question des raisons pour lesquelles Merlin serait un outcross de valeur pour les Tamaskans.

Pour resituer, nous parlons de Merlin, un chien mâle, croisé chien-loup américain et chien-loup tchécoslovaque, au pedigree connu sur plusieurs générations (disponible sur sa page), certains de ses ancêtres ayant même des résultats de tests de santé connus. Ses parents sont stables. Merlin est né le 28 janvier 2015 et est un chien loup à « petit contenu de loup » (low content). Il mesure 70 cm au garrot et pèse 32 kg (aux dernières nouvelles).
La page de Merlin sur le site internet : Merlin – Chien-loup (croisé).

En préambule, je vous invite à (re)prendre connaissance du standard des Tamaskan.
Ici en Français : http://www.tamaskan.fr/?page_id=14

Et là, sur le site officiel, en anglais, pour ceux qui pourraient douter de la légitimité de la traduction du club français : http://www.tamaskan-dog.org/breed-info/breed-standard.php

Ensuite, je voudrais rappeler que la présence de chien-loup dans le tamaskan est acquise, officielle, assumée et même revendiquée depuis 2012. En effet, depuis cette date, d’autres chiens-loups ont été rajoutés (de manière parfaitement transparente) aux lignes déjà existantes. Ces chiens-loups sont au nombre de quatre : un chien-loup tchèque LOF (Xolotl z Peronowki at Van’t Aelse Sluske) en Hollande, un chien-loup américain mid content (Lupo vom Fenriersgard) en Croatie et deux Svensk Varghund : un low content Midas at Vargskuggans (Midas) en Suède, une très low content Bligärdens Avon at Vargskuggans en Suède aussi.

A côté de cela, ont également été rajoutés au « genepool » des tamaskans cinq chiens pas du tout loup : deux huskys LOF (Arrow (USA) et Ninja (Allemagne)), un berger blanc suisse (Invincible Zente Lords Of The White Shepherd (Zente)) en Croatie, un berger belge Groenendael (Inara (affixe tenu secret)) en Hollande, une croisée tamaskan x berger allemand (Morass Atlas at Van’t Aelse Sluske), en Hollande aussi.

Tous ces chiens sont présentés sur le site officiel du tamaskan Dog Register, sur cette page : http://www.tamaskan-dog.org/breed-info/foundation-dogs/

Les photos sont cliquables et vous trouverez pour chacun un portrait reprenant les principales informations pour chaque chien, y compris sa race et les résultats de ses tests de santé. 

Voilà pour la transparence. 

Pourquoi est-ce que nous faisons ça?

Parce que l’ajout d’outcross est nécessaire à la diversité génétique de la race. Pour rappel, le projet tamaskan est en cours depuis une dizaine d’année maintenant. Ayla était le 363ème individu à naître. Sa première portée est enregistrée entre les numéros 587 et 595. Un an plus tard, en étant large, comptons 700 individus. Il y a en moyenne une dizaine de portée qui naissent par an. Il y a en moyenne 10% des chiens enregistrés qui seront disponibles à la reproduction.  

Disponibles à la reproduction, ça veut dire que les propriétaires feront les tests de santé obligatoires (hanches, coudes, DNA ID+filiation, ECVO, DM) et garderont leur chien « entier ». Ca ne veut pas forcément dire que ces chiens se reproduiront, ou, s’ils se reproduisent, qu’ils se reproduiront « beaucoup ».

En partie parce que très peu d’entre nous sont des éleveurs professionnels et qu’en tant qu’amateurs passionnés, faire naître une portée (et le faire bien) est un travail immense, en amont, pendant et après pour le suivi des chiots. Et j’aime croire que ce travail, nous le faisons tous bien, et donc y consacrons les ressources, l’énergie et le temps nécessaires.
Et d’autre part parce qu’il y a peu de partenaires potentiels (en terme de consanguinité) et intéressant (en terme de développement de la race vers le standard) pour chaque chien.

Vous voulez des chiffres?

En Europe, il y a 4 chiens disponibles à la reproduction et compatibles avec Ayla. Deux sont frères, et l’un a déjà été utilisé pour sa dernière portée (Nanuq). Les deux autres présentent les mêmes types de faiblesses qu’Ayla (en terme de structure), ce que je ne souhaite pas fixer car c’est contraire au standard.

Ayla est une chienne qui a un tempérament « parfaitement » tamaskan. Intelligente, courageuse, curieuse, très ouverte à l’humain, une grosse résistance au stress. Un peu prédatrice, pas mal indépendante, franchement têtue ! Elle a une jolie tête féminine, de belles oreilles, de beaux yeux, une belle couleur, de beaux marquages.
En terme de construction, Ayla mesure 59 cm au garrot, pour un poids de forme à 31kg (et ça fait un chien assez lourd), elle a des allures très sèches et sautillantes, le poitrail large et la fourrure dense mais relativement courte. Ces caractéristiques ne sont pas conformes à ce que vise le standard.

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Justement parce que le tamaskan est une race en développement et que le but est de s’approcher du standard et d’y fixer la race, ce n’est pas grave qu’Ayla (comme la plupart des reproducteurs) ne soit pas vraiment dedans. Par contre, ça le serait de ne pas penser les mariages dans le but de rapprocher la race de son but : le standard. 

C’est ici que Merlin entre en jeu.

En effet, quel genre de chien décrit notre standard…? « un chien ayant l’apparence du loup », un chien-loup donc.

Et Merlin, il entre, en terme de construction et d’aspect, parfaitement dans le standard. Prenez ces photos, allez les comparer aux exigences du standard. 

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C’est à ça que sert un outcross, apporter du sang neuf et améliorer la race. Ici Merlin peut apporter une construction qui est celle que la race recherche, une belle tête, une belle texture de poil, un mental de chien de compagnie, beaucoup de capacités de communication avec ses congénères et une belle stabilité. Le tout avec un « contenu de loup » peu élevé. Statistiquement les chiots issus de ce mariage seraient proches des 20 %. Cela, allié aux qualités d’Ayla donnera sûrement quelques chiots qui seront plus proches du standard que ne le sont leurs parents pris chacun de leur côté.
Pas tous, mais ceux qui ne seront pas « à la hauteur » seront écartés de la reproduction.

Comment puis-je en être sûre?

Tout d’abord, avant d’être « utilisable » pour les tamaskans, Merlin doit obtenir l’aval d’une commission.
Je sais que c’est quelque chose de totalement flou pour les gens qui ne connaissent pas le fonctionnement interne du comité, et parfois même pour les gens étant « dans » le tamaskan. Alors, laissez moi vous expliquer.

Que dois-je fournir à cette commission pour que la candidature de Merlin puisse être examinée?
Les résultats officiels de tout un tas de tests de santé :

  • Dépistage Dysplasie hanches et coudes, avec évaluation officielle de la British veterinary Association
  • DM
  • DNA ID + Filiation
  • ECVO (tares occulaires)
  • Nanisme
  • MDR1

En bonus le « My Dog DNA » est le bienvenu.

Au delà de ces résultats, je dois également fournir une évaluation vis à vis du standard (cliquez ici pour voir le PDF), étant entendu que ce n’est pas à moi de remplir ces cases, mais à un juge ou au moins un autre éleveur.

Il faut également que je fournisse les résultats d’un test de tempérament (en plus de la case « tempérament » de la fiche d’évaluation vis à vis du standard). Là aussi ce test de tempérament doit être réalisé par un professionnel.

Il est extrêmement clair (et ce doit l’être pour vous aussi, chers lecteurs) que si le moindre de ces tests ne donnait pas de résultats suffisamment bons, Merlin serait écarté de la reproduction.

Une fois l’utilisation de « l’outcross » acceptée par le TDR, ce n’est pas « fini ». En effet, pour éviter qu’un mauvais mariage ait des conséquences trop compliquées à « rattraper » sur la race, les tamaskans de première génération issus d’outcross reçoivent un enregistrement « temporaire », ils doivent à leur tour passer une évaluation de tempérament et de conformation au standard à leur un an, et c’est seulement s’ils la réussissent qu’ils peuvent ensuite être utilisés pour de la reproduction.

En terme de tempérament, ce que j’attends de ce mariage, ce sont des chiots stables, ouverts, curieux, centrés sur leurs humains, sociables avec leurs congénères, pas malades en voiture et… câlins (Oui, c’est primordial!). D’autant plus que, comme pour la portée précédente, nous effectuons une socialisation « extensive » des petits. On les met au monde dans la maison, on les biberonne (par principe, pour la socia), on les trimbale, on les fait tripoter à toute sorte d’humains, on leur montre tous les animaux qu’on peut… Bref, on a tous les ingrédients pour obtenir des chiots… dans le standard.

« Le Tamaskan est un chien amical et affectueux. Il ne doit pas se montrer agressif ou trop réservé face aux gens ou aux autres chiens. Sa grande intelligence et sa volonté de plaire le rendent polyvalent dans ses utilisations aussi bien comme chien de travail que loyal compagnon. »

J’ai déjà écrit de multiples articles à ce sujet, mais le fait que Merlin soit un « chien-loup » (américain, suédois, ou tchécoslovaque, ça ne change rien) n’en fait pas un animal « ingérable ». Il est éduqué. Il marche en laisse, il s’assoit, il se couche, il attend, il revient au rappel… bref, c’est un chien.
D’ailleurs, un des fils de Lupo (Outcross chien loup américain),  le petit Odin, tamaskan de première génération, est actuellement entrain de suivre une formation SAR pour travailler avec son pompier de maître.

Alors, évidemment, nous parlons de chien-loups, de chiens primitifs. Peut-être que les chiots issus de Merlin et Ayla seront destructeurs, peut-être qu’ils seront difficilement propres, peut-être qu’ils seront prédateurs (probablement, d’ailleurs), peut-être que leur exubérance ne sera pas toujours bienvenue, peut-être qu’ils seront voleurs… Mais ça n’en fera pas pour autant de mauvais compagnons. Merlin est un super compagnon, il est par bien des aspects plus « facile » qu’Ayla. Et Ayla, à sa façon, est une parfaite compagne aussi.
Et quand on choisit un chien, on s’oriente vers une race qui, au delà de plaire visuellement, s’accordera avec son mode de vie.

Je vous souhaite à tous d’être aussi détendus et confiants envers vos chiens que ce que je le suis avec Merlin à la fois en Ville et dans la Nature. Et c’est ce à quoi je travaille pour mes futurs adoptants 🙂

 

 

Chien et Loup. Apprendre à faire la différence.

Bonjour,

Nous avons déjà abordé ensemble, il n’y a pas si longtemps, les différences de comportement entre ces deux branches de la grande famille des canidés.

Il est maintenant temps de s’attarder sur le côté physique.

C’est assez amusant. A l’époque où Ayla était un « chien unique », beaucoup de personnes que nous croisions s’extasiaient sur sa ressemblance « frappante » (lol) avec un loup. Certains même nous lançaient ce regard « entendu », petit sourire en coin, quand nous leur disions que « nonon, c’est un chien », genre « oui oui bien sûûûûr. »

Maintenant que notre jeune chien est grand et beau, c’est lui le loup (non toujours pas) et Ayla clairement un chien. (C’est déjà un peu mieux).
Lundi dernier, we de Pâques, nous avons amené les chiens visiter le marché de Florac.
Nous en avons entendu de belles, dont deux monsieur d’âge mûr qui discutaient entre eux et lorsque nous sommes passés à côté d’eux, l’un de s’exclamer ! « On dirait un loup! »
Et l’autre de lui répondre, sur un ton sans appel « Ah mais c’est un loup. » (Non, toujours pas.)

Puisque je ne peux évidemment pas me trouver un loup à balader avec mes deux chiens pour que tout le monde se rende bien compte de leur nature réelle, je vais faire de mon mieux avec les photos que google voudra bien me trouver.

Je comprends que peu de personnes ont pris le temps/eu l’occasion d’observer de « vrais » loups avec attentions. Je comprends également que Merlin a un petit quelque chose du « loup fantasmé » des français. En blond.

Alors, l’apport de loup « principal » de Merlin c’est du Timber (de l’américain), je vais donc essayer de trouver des images de cette sous espèce, mais il y en aura d’autres, c’est sûr.

Toutes les photos ci dessous représentent des loups, ou Merlin.

Avant toute chose, je vais vous demander d’oublier toutes les choses que vous croyez savoir sur les « indices de couleurs » comme les « lignes noires sur les pattes avant », ou le masque plus ou moins haut. Rien de cela n’est représentatif, n’en déplaise à certains (certains de ces certains étant même parfois des « officiels spécialistes de la faune sauvage »…)

Un loup, déjà, ça a une structure bien particulière.

Les loups ont le dos droit, Merlin a le « cul bas ».
Les loups ont une queue courte (au dessus des jarrets) et attachée assez basse. Merlin a la queue longue (bien sous les jarrets) et attachée haute.
Les loups ont une ligne de ventre très particulière. Le ventre est très long et la remontée du bas ventre très peu marquée.  Cela donne souvent l’impression qu’ils ont un « gros ventre », surtout en poil d’été! Merlin a la partie entre la cage thoracique et son ventre bien délimitée avec la taille très marquée (une vraie demoiselle).

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Merlin

 

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Merlin

Alors vous me direz : « Oui mais (ça commence toujours comme ça) Merlin est fin, il n’a pas beaucoup de poil(!!!) faut plutôt comparer avec un italien tout maigrichon en poil d’été. »

Okay!

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Voilà un « italien (enfin, plutôt une italienne) tout maigrichon en poil d’été ».
Vous voyez comme moi, la ligne de ventre très longue sans marquer le « nombril », la queue courte, et le dos droit, non?

Conclusion, Merlin n’a pas la structure d’un loup, donc Merlin est.. un chien.
On continue, sur les détails un peu plus « délicats » à repérer.

La tête d’un loup : Les yeux sont très obliques (en amende), le bout des oreilles est arrondi, la gueule a une base très large qui s’affine vers un museau long et relativement fin au bout.
Le poil est bien mélangé.
Le poitrail est très fin, les pattes sont énormes, totalement disproportionnées si celles d’un chien sont la référence.
Le crâne est très large, les oreilles petites, placées haut sur le crâne et bien fournies (on ne voit pas la peau à l’intérieur)

Ein Wolf (Canis lupus) am 24.02.2014 in seinem Gehege im Wildpark Schorfheide in Groß Schönebeck (Brandenburg). Der Wildpark beherbergt ausschließlich Wildtierarten, die in der Schorfheide heimisch sind und solche, die in freier Wildbahn als ausgestorben gelten. Der Park umfasst eine Fläche von 100 Hektar und hat ein sieben Kilometer langes Wanderwegesystem. Foto: Patrick Pleul

http://www.cicero.de/sites/default/files/field/image/wolf.jpg

Merlin a aussi un poitrail fin, mais son museau est relativement carré (peu oblique), ses yeux peu « penchées » (ou en amande) (mais ce sont les plus beaux yeux du monde quand même), ses oreilles pointues et assez grandes par rapport à la taille de son crâne. Même en poil d’hiver on distingue facilement la peau à l’intérieur.
Il a de grandes pattes, mais rien de comparable avec celles d’un loup.

Vous ne voyez pas la subtilité?

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Là, j’espère que c’est mieux.

Et pour finir, une top photo de face, où vous pouvez comparer : les oreilles, les yeux, la taille du crane et de la gueule, la taille des pattes!

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J’espère que cela vous aura éclairé et que vous, chers lecteurs, ne me direz plus : « Mais, en vrai, c’est un loup, non? »

Tamaskans, les origines.

Ou comment démêler le vrai du faux….

Aujourd’hui je vous propose un article que j’évitais depuis des années pour ne pas « entrer dans les polémiques ». Ceux qui m’ont demandé ont déjà eu ces informations par mail.
Mais, puisque c’est une question qui revient constamment lorsque je reçois une demande d’informations, je me suis dite que, finalement, ça irait plus vite de faire un article complet dessus.

Je reçois, vraiment très régulièrement, des mails qui commencent comme ceci :

« Je m’intéresse depuis longtemps (c’est amusant, jamais personne ne dit « je viens de découvrir l’existence des… ») aux chien-loups. J’en voulais un mais après m’être renseigné sur leurs caractéristiques je pense qu’ils ont trop de loup dans leur caractère. (Mais j’ai déjà répondu à cette « affaire » dans cet article : « C’est à cause du sang de loup…« )Et voilà que j’apprends qu’il existe le Tamaskan, qui d’après le TDR, n’a pas de sang de loup! »

Globalement, hein.

Depuis peu, je reçois même des choses comme ça :

« J’ai lu que vous aviez un chien-loup . Avez vous réintroduit du sang de loup dans votre élevage? »

Alors on va tout reprendre, et désolée par avance pour le pavé.

 

Les origines des Tamaskans :

Alors, je vais reprendre la base de la création de la race.

2006, importation de 6 chiens venus de Finlande. (Dingo, Jodie, Susi, Jackal, Magnus et Zev.)
Ces chiens sont : des huskys croisés avec un CLT (dans les pedigre, Oskari est de son nom de naissance Osbow leva neve, pur CLT) pour Dingo, Jackal, Magnus et Zev, et un american wolfdog (Ivan dans les pedigree, est de son nom de naissance Boogie.) pour Jodie (et son frère Whitefang qui n’a pas été importé mais dont une partie de la descendance l’a été ultérieurement).
Susi, en ce qui la concerne, est une croisée husky dont nous ignorons l’autre composante.

Des photos :

Oskari :

Boogie:

Vous trouverez plus d’informations sur les chiens importés ici, dans la catéforie « finnish bloodline » : http://www.tamaskan-dog.org/breed-info/foundation-dogs/

Ces chiens ont ensuite été croisés avec des utonagans et des northern inuit. Eux-même descendant de croisements de nordiques, berger, CLT et saarloos.

Plus tard, un certain Apache Horse a été utilisé. Il s’est révélé qu’il s’agissait en fait de Djoser van Rijneckerhof, un pur saarloos.

Il y a un an, c’est Yukon (Xolotl z Peronowki), un CLT qui a été utilisé comme outcross.

Vous en déduisez la même chose que moi, non? Le tamaskan n’a JAMAIS été un chien-loup sans sang de loup.

C’est d’ailleurs génétiquement impossible, l’aspect « lupoïde » ne vient pas de nulle part. Un chien ne ressemble pas à un loup sans en avoir un peu d’héritage récent.

 

Malgré tout, bien que le site officiel du TDR (pour mémoire : http://tamaskan-dog.org/) liste sur sa page « foundation dogs » les chiens importés ainsi que leurs races respectives.
Bien que le Club Français du tamaskan cite les chiens ayant été utilisés dans la création de la race sur sa page : http://www.tamaskan.fr/?page_id=664
Bien que j’ai déjà écrit plusieurs articles sur le côté « chien-loup » des tamaskans.

Il reste des personnes pour atterrir chez nous bercés par le mythe de l’absence de sang de loup.

Pourquoi?

 

Blustag, Blufawn, Poacher Farm.

En Europe, c’est principalement l’oeuvre de trois « élevages » : Blustag, Blufawn et Poacher Farm. Ils sont basés en Angleterre, ils sont une seule et même famille (habitant à la même adresse… Blustag c’est Lynn, la mère, Blufawn c’est Jenny, sa fille et Poacher Farm c’est le mari de Jenny.) Ce sont les mêmes chiens qu’ils se partagent, s’échangent et se « camouflent » au gré des portées.
Effectivement, Lynn fait partie des trois éleveurs à l’origine du « projet Tamaskan ».

Mais elle ne fait plus partie du TDR. Son site internet « http://www.tamaskan-dog.com/ » est une arnaque. Son « registre » ne contient que ses chiens et est tenu par sa fille.

Pourquoi, alors qu’elle est une fondatrice, ne fait-elle plus partie du TDR?

Elle a menti sur les races d’origine des chiens et l’histoire de l’absence de sang de loup.
Elle a menti sur les mariages de ses chiens : des tests adn ont prouvé que les parents annoncés n’étaient pas les parents réels, et ce, dans de nombreuses portées (plus d’une demie douzaine en 2012 quand nous avons « divorcés ».)

Elle a même « créé » une chienne (enfin, un nom, des parents, un pedigree) pour camoufler une portée faite moins de six mois après la précédente avec la même chienne.

Elle a menti sur les tests de santé : les résultats des radios des hanches sont différents pour les mêmes chiens d’un jeu de papiers à un autre et personne n’a jamais vu les papiers officiels.

Elle n’accepte personne sur sa propriété : les chiots sont remis aux adoptants devant le portail ou « envoyés » chez leurs adoptants.

Il n’y a évidemment aucun suivi de leur part sur les chiots vendus. Les adoptants n’ont jamais pu compter sur leur aide, ou leurs conseils… Encore moins sur un soutien financier en cas de gros problème. Au pire des insultes, si les adoptants osent les prendre à parti en public…
(Nous, nous avons versé 1000 €, soit le prix d’un chiot, à un adoptant dont le chiot né chez nous a eu une luxation de la rotule qu’il a fallu opérer à ses trois mois! Et ça nous a paru parfaitement normal!)

Il y a eu plusieurs cas de chiens dont elles se sont débarrassées (replacés une fois qu’ils n’avaient plus d’intérêt pour la reproduction) arrivés dans des états de santé déplorables (sous poids, malades, très craintifs…) dans leur nouvelle famille.

Ayla, vient de chez Jenny, je l’ai eu à 7 semaines (moins selon la véto), donnée dans un hall de gare, sans vaccins et avec une puce que jenny avait mise elle même (aucun papier véto).
Chienne non socialisée et pas proche de l’humain.

Pour plus de renseignements sur les exactions perpétrées par ces femmes, je vous invite à lire cette page et plus particulièrement la dernière partie « Blustag Arctic Breeds, Blufawn, and Poachers Farm ».
On s’est tous fait avoir, Lynn dit aux gens des choses que nous voulons entendre, et joue la victime. Alors…. On plonge, puis on s’en mord les doigts.
 

 Elle a créé un comité pour le TDR, composé de 5 éleveurs à l’époque. ce comité, quand ses actions ont été connues, a demandé des explications. Elle a décidé de quitter le TDR au lieu de s’expliquer.

Le TDR a « seulement » continué à tourner sans elle et a été restructuré.

 

Pourquoi le caractère des Tamaskans est -quand-même- plus facile que celui des autres races de chien-loup?

Parce que les races utilisées comme « apport de chien », sont des races nordiques! C’est à dire des chien ayant une très grande résistance au stress, peu sensibles et très sociables.

Pour autant, les tamaskans ont aussi hérité d’eux un caractère très têtu et peu de propensions à l’éducation « académique ».

Ils restent quand même beaucoup moins sensibles (craintif) que les saarloos et beaucoup moins speed que les CLT.

 

Des infos fiables?

Uniquement sur ces sites :

Tamaskan-dog.org (anglais, avec la liste des éleveurs accrédités sur cette page)
Tamaskan.fr (en français)
Faites preuves d’esprit critique, si ça paraît trop beau pour être vrai… C’est probablement faux!

 

Et pour répondre à la question reçue par mail il y a deux jours…
Je n’ai rien réintroduit nulle part. Merlin, s’il passe ses tests de santé avec succès, sera proposé comme Outcross au TDR qui décidera de son acceptation ou pas.
Oh, et puis, nous ne sommes pas un « élevage », nous avons fait une belle portée. Nous en ferons certainement une autre… Et ce sera sûrement fini.
Bonne journée à tous.

 

 

Partir en vacances avec ses chiens

Alors, oui, je sais, sortir cet article le 31 août c’est une erreur de com dramatique. Mais la magie d’internet, c’est que vous pourrez toujours retrouver cet article l’année prochaine. Puis c’est quand même mieux de parler de quelque chose une fois qu’on l’a testé, on est d’accord non?

Mise en situation : deux (grands) chiens, deux (gros) chats, deux humains et une grosse fatigue nécessitant de prendre des vacances.
Si possible en dehors de la maison, pour le dépaysement, la déconnexion (et tout). Dans l’idéal avec des copains, parce que c’est toujours mieux.

A l’arrivée, les chats partent en vacances « chez leur père », et nous sommes donc 4 (grands et gros) chiens, et 4 humains (de corpulence normale) à avoir des envies d’évasion.

Nous visons le Périgord. Parce que c’est fort joli et que nous avons des amis à y visiter.

Mission réussie!

Mais… Comment avons-nous fait? 

Le Bon Coin 
Vous sélectionnez la région qui vous intéresse, puis le département. La catégorie « locations&gites », vous renseignez éventuellement vos dates, prix max etc, et dans le champ de recherche vous mettez « chiens acceptés » ou « animaux acceptés ».
Reste ensuite à contacter les hébergeurs pour voir les dates, enquêter sur la présence d’une clôture etc.

Airbnb
Exactement le même principe, vous dites où vous souhaitez aller, cochez « animaux acceptés » dans les filtres, et roulez jeunesse!
Vous trouvez aussi bien des particuliers que des professionnels sur ce site. Bon plan pour faire des économies!

Facebook
Et oui…. Notamment par l’intermédiaires de groupes comme « Locations de vacances pour partir avec son chien« , où les membres s’échangent bon plans et conseils. Convient en particulier pour une recherche très en amont de la date prévue pour votre départ, ou au contraire au dernier moment si vous n’avez pas vraiment défini votre destination.

Les Offices de Tourisme.
Aussi étrange que cela puisse paraître, on peut aussi utiliser les outils qui ont vocation à rassembler les hébergeurs. La plupart des OT proposent des moteurs de recherche permettant de trouver un hébergement acceptant les chiens.
Pensez à redemander directement à l’hébergeur.
Inconvénient? Lieu géographique très restreint.

En ce qui nous concerne, nous sommes passés par l’option « le bon coin », et avons dénicher un gite top, dans une ferme, à Milhac d’Auberoche.
Le Gite à la ferme Milhac-Oie en Périgord
Rien à redire, super accueil, gite sympa, jardin grandiose et localisation super pratique.

Alors, vraiment, n’hésitez plus à partir avec vos animaux, c’est bon pour vous, c’est bon pour eux!

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65 jours.

65 jours.
C’est rien ça, 65 jours dans la vie d’un chien. Rien dans la vie d’un humain.
A peine plus de deux mois. Une respiration dans le cours d’une vie.

Mais ces 65 jours là, ils ont compté.
Du premier « pouic », le 22 mai à 3h15, qui nous a sorti du lit, émerveillées et fébriles, au dernier bisou, le 27 juillet, tremblantes, le cœur gros mais satisfaites du chemin accompli.

D’abord, l’émerveillement.11330002_10206699242427483_9048374133448048778_n

Je pensais que je serais stressée, que j’aurais peur… Mais ça ne s’est pas passé comme ça. J’étais submergée par ma joie, mon admiration pour ma Lalou, si forte, si calme, si appliquée. J’étais transportée par ces premiers cris, ces « pouic » inoubliables, la magie de la poche qui se déchire et laisse émerger un nouvel être au monde.

Bien sûr, au bout de 7h de naissances et 9 chiots, j’étais fatiguée.
Mais à ce moment là, la fatigue n’est rien qu’un effet secondaire n’égratignant que peu l’euphorie de l’instant.

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Ils étaient nés. Voilà mon rêve devenu réalité, ce « plan » que j’avais en tête depuis qu’Ayla était née. J’avais participé, apporté ma pierre à l’édification complexe d’une race en devenir.
Il restait à le faire bien.

C’est compliqué de décrire les sentiments qui naissent en soi lorsqu’on tient dans ses mains une « patate aveugle » qui respire, qui fait des petits bruits et qu’on va apprendre à connaître durant les quelques courtes semaines qui nous sont offertes, à nous éleveurs, pour éveiller ces êtres à la beauté du monde.
Mais croyez moi, ces sentiments sont forts, et vraiment beaux.

Et cette joie idiote quand le chiot tête enfin au biberon…

Petit à petit, les patates deviennent des chiots. Les yeux et les oreilles s’ouvrent au monde. Petit à petit j’arrête d’appeler constamment mes ami(e)s éleveur-ses et je me fais à ma nouvelle normalité. 11267434_10206885722449367_666749111328584133_n

Les chiots ne le savent pas encore, mais ils ont déjà fait la connaissance de celui qui deviendra « tonton Merlin ». Merlin qui a été exemplaire d’un bout à l’autre, tout chiot qu’il est aussi.
Des humains sont déjà venus les voir. Pas beaucoup, mais quelque uns. D’ailleurs, certains leur ont donné le biberon. Déjà, leur monde s’agrandit.

Le nôtre rétrécit. Rongé par le leur, mais dans leur monde, à travers eux, nous nous épanouissons. Nous apprenons toutes leurs premières fois et les vivons avec eux, du mieux de ce que notre humanité nous le permet.

Nous dormons moins, nous nettoyons/rangeons beaucoup. Nous nous levons au moindre couinement, nous sommes en alerte. Il y a toujours au moins un chiot avec nous. C’est plus que du temps plein, mais les instants de grâce sont inestimables.

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Nous nous en doutions sans vraiment le comprendre, mais durant ces 65 jours, toute notre vie a tourné autour des chiots. Ils ont rythmé chaque heure, chaque action, chaque décision.
Ils ont laissé une trace indélébile ici, et pas seulement en ravageant le jardin.

Ils y a, après les premiers pas, les premiers jeux. Les fous-rires.
Et Ayla qui a de la fièvre.
La mammite et l’obligation de sevrer les chiots, à même pas trois semaines.
Mais tout se passe bien, et Ayla peut rester avec ses bébés.

D’ailleurs, il est déjà temps de leur faire découvrir le monde extérieur. Petit à petit, jour après jours ils y passent de plus en plus de temps. Et quand leur petit enclos est prêt et qu’ils sont à l’aise, le ratio « temps dehors, temps dedans » s’inverse.
Tellement dur au début, est-ce qu’ils vont bien? Est-ce qu’ils ont froid? Est-ce qu’ils ont peur? Est-ce que c’est un chiot que je viens d’entendre?
Et à la fois reposant, enfin, on peut dormir, 5h d’affilé!10156082_10153424117434429_3972038422394476820_n

Evidemment, ils ne sont pas « laissés à l’abandon » dehors. Ils rentrent, à un, deux ou trois, et nous passons du temps dehors. Nous, et tous les autres qui sont venus les rencontrer. Humains et chiens. Merci à vous. Merci de les avoir aimer, pour quelques heures ou toute la vie. Merci à vous de nous avoir aidé à leur apprendre que le monde est rempli de douceur, d’amour et de jeux.

Les chiots ont un mois, 5 semaines, et il est temps de faire les attributions. Jeu délicat que de déterminer qui sera le mieux avec quelle famille. Mais après deux jours de réflexion, c’est fait. Je suis contente!
Tout le monde ne l’est pas et quelques semaines plus tard, un des adoptants décidera de ne pas prendre le chiot qui lui avait été attribué. Elle ira rendre des gens heureux ailleurs, c’est tout.

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Les chiots sont déjà grands. Nous travaillons forts à ce que tous, ils nous aiment, nous, les humains. Même le petit Vérité qui préfère dormir à l’ombre.
Et, je pense que ça marche.

 Les semaines passent, les jeux évoluent, les nouvelles expériences aussi. Certains partent visiter mes parents, ou encore à la rivière. Feu de bois et vaguelettes. La vie est belle même s’il faut vomir en voiture.

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Et voilà que déjà ils partent. On se retient de pleurer jusqu’à ce que les adoptants aient passé le mur. Puis c’est l’ouverture des vannes, le barrage qui se rompt, les grandes eaux, un vrai chagrin.
Pourtant, on pense qu’ils seront heureux, tous.
On pense qu’ils seront aimés.
On pense qu’ils auront des vies géniales.

Mais ce n’est pas le cerveau qui pleure.

Ma Marmaille, mes petits, mes bébés chiens d’amour… Mes petits tamaskans. Je voulais vous remercier, chacun d’entre vous, pour toute la joie que vous nous avez offert.
Je vous ai aimé, tous. Chacun d’entre vous, à chaque seconde.
Oui, même à minuit ce soir-là où vous aviez tous la diarrhée à l’intérieur suite au vermifuge.
Nous vous avons aimé. Et nous vous aimons.

Merci à vos humains d’adoption pour toute la joie qu’ils vous apporteront.
Merci à vous d’égayer leur vie.

Et bonne route.

(A bientôt)

« Buckkeep Castle’s Litter » – Tribute to Robin Hobb

Posted by Le Lignage on lundi 11 mai 2015