La socialisation

De quoi s’agit-il ?
D’après le petit Robert (toujours d’une grande aide) il s’agit du fait de développer des relations sociales, de s’adapter et de s’intégrer à la vie sociale.

Si le terme utilisé est le même pour les chiens, il devrait s’agir de développer chez notre compagnon poilu (et je ne parle pas de votre éventuel humain de compagnie) sa capacité à s’intégrer dans une société (plus ou moins) humanisée. Soit pouvoir s’adapter à des rapports avec les humains, mais également avec les autres animaux qui les fréquentent (les autres chiens en priorité, mais également les autres animaux de compagnie voire d’élevage selon le milieu de vie du chien et ce que l’on attend de lui.)

A partir de là, il me semble évident que la socialisation de chaque chien sera différente, ne serait-ce que parce que tous les chiens ne vivent pas dans le même milieu et que tous les maîtres n’attendent pas la même chose de leur chien. (Une pensée certains et leur affection pour les Saarloos timides).

Dans les faits, quand est-ce que l’on commence ?
Dans le meilleur des cas, l’éleveur (ou le naisseur) se sera chargé de la première phase de socialisation qui commence entre les 3e 4e semaines du chiot et aura duré jusqu’à son départ dans sa nouvelle famille.
Avec un chiot non vacciné, il n’est pas conseillé de le sortir dans le monde extérieur pour aller découvrir les poules de la voisine et le chien mal fagoté qui habite en bas de la rue… Mais c’est le moment pour commencer une vrai socialisation à l’humain… Des petits, des grands, des hommes, des femmes, des enfants, des vieux, des minces, des gros, des qui portent des chapeaux, des qui ont des cannes…. Bref, des humains. Et des humains qui le manipulent, avec douceur et affection, pour que petit à petit notre chiot intègre que les bipèdes sont ses amis.

Dans l’idéal, vous avez récupéré votre chiot entre ses 8 et 12 semaines, il était proche de l’humain et curieux de découvrir le monde.
Peu de temps après a commencé une période plus difficile où le chiot a commencé à douter, et à avoir peur de tout et de rien (dans la mesure où ces choses étaient nouvelles pour lui).

C’est le moment qui devient intéressant pour nous, nouveaux maîtres d’un chiot.
Qu’est-ce que vous attendiez de votre chiot, en termes de capacité sociale ? Ou, pour être plus précise, qu’est-ce que vous souhaitiez atteindre comme « zone de confort » avec lui ?
Un chien de famille, cool avec vous, cool à l’intérieur, câlin, pas agressif et tant pis si il est flippé dehors et « ne parle pas » aux étrangers ?
Un compagnon de vie, qui partage le plus possible avec vous, vous suit dehors plusieurs fois par semaine dans des milieux plus ou moins urbanisés en se gérant bien, et qui accepte le contact (voire le recherche) avec des étrangers ?
Un chien de ville, chapeau melon et bottes de cuir, classy et à l’aise dans le métro ?
Un chien de campagne, libre et sauvage qui court la montagne (mais revient au rappel, de préférence) ?
Un chien tout terrain qui est bien partout, tout le temps et avec tout le monde (le mythe du labrador, quoi.) ?
Un chien de travail ?

Voilà mon « histoire de socialisation » avec ma puce :

En bref :
Ayla, Tamaskan (femelle)
15 mois (tout juste)
Low-No content
Chien unique, deux chats, une humaine.
Milieu de vie « Ultra rural »

Ce que je voulais :

Bon, je me suis retrouvée avec ma pupuce en étant à l’échelon 0.5 de l’expérience chien. J’ai toujours vécu avec des chiens quand j’étais petite (des gros), mais des chiens « de jardin ». Gentilles les mémères, mais pas travaillées, qui passaient leur vie dehors (plus une balade le we avec tout le monde, mais pas tous les WE) et sans réel lien avec leurs maîtres.
Bon, moi j’avais envie d’un chien « comme dans les livres », qu’on peut trimballer partout sans se prendre la tête, amener au bar, au restau, à un concert (si la musique n’est pas trop forte) mais surtout avec qui je pouvais faire de grandes balades dans le monde extérieur (et ceux qui sont venus chez moi doivent se douter que l’occasion se présente plus souvent de faire une balade que d’aller à un concert…), en ayant un chien lâché (quand il faut je garde Ayla en longe (période de chasse, période de chaleur) mais ça me fait chier à un point prodigieux) qui gambade joyeusement autour de moi, revient quand je l’appelle, ne bouffe pas les gens et animaux que l’on croise et n’hésite pas à faire un bon plouf dans les rivières.
A l’intérieur, ben la version calme, tranquille et à l’écoute. (Tant qu’à faire !) Qui fait des câlins (sans être pot de colle), qui s’entend bien avec les chats et qui est sympa avec les gens qui s’aventureraient jusque chez moi.

Bref, le chien compagnon rêvé pour la jeune lozérienne que je suis.

Sachant que je bosse à temps plein (même si c’est pas évident :p) et que ça sous entend que pupuce passe de looooongues périodes seule (7.5 à 8h /jour, mais je rentre à midi, quand même), il fallait donc un chien proche de moi, mais capable de vivre en mon absence (de préférence sans ravager tout l’appartement).

Un joli fantasme, quoi.

Ce que j’ai fait :

J’ai eu Ayla à 7.5 semaines. Trois jours plus tard, vaccins faits, je l’amenais balader en free into the wild. Bon, une balade toute petite hein, c’était encore une petite patate mal dégrossie. En fait, je l’ai promenée lâchée le plus possible et tout de suite. Bien entendu, si on devait croiser des troupeaux je la reprenais en laisse, dans les zones urbanisées aussi, mais lâchée le plus possible.

A l’époque j’habitais en appart, donc les sorties pipi (noooooombreuses à cet âge, et pas toujours couronnées de succès) se faisaient dans le village.
J’ai privilégié les endroits calmes, mais elle était amenée à croiser du monde tous les jours, ainsi que d’autres chiens.

Et des VOITURES ! Ayla n’a jamais aimé les voitures et quand elle était petite c’était pas beau à voir : vomiS, bave… Et elle commençait à baver en voyant des voitures.

Donc… Elle a bouffé de la voiture, de l’extérieur, de l’intérieur… Tous les jours de ses 2 mois à ses 7/8 mois (après j’ai déménagé et les choses ont changé, mais j’y reviendrai).

J’ai eu de la chance et j’ai récupéré Ayla en avril, du coup tout l’été elle m’a suivi à des concerts, des soirées par ci par là, des restaux….

J’avais un amoureux qui habitait vers Carcassonne à l’époque, elle s’est tapée quelques aller/retour en train aussi.

J’ai un peu (beaucoup) lâché la socia en extérieur quand on a déménagé. On avait des soucis « internes » à résoudre (no hierarchie, no obéissance, crise de nerfs permanente.) puis l’environnement (et la météo) se prêtait moins à du glandouillage en terrasse de café.

Et maintenant….

Echec global avec les chats, il y a des hauts, des bas, ça passe si je suis là pour surveiller très fermement, sinon c’est juste chiant. Pour nous 4.

Avec les humains, elle est dans une phase : j’te connais pas, j’te cause pas, mais je veux bien me coucher à tes pieds si tu ne bouges pas.
Ca me va. Elle est super cool (voire exubérante) avec les gens que je connais, et elle adopte vite les nouvelles personnes, donc pas de soucis.

En extérieur « into the wild » pas de soucis. A moi de prévoir les éventuels troupeaux pour éviter les accidents, sinon tout bon, bon rappel, l’attention qui reste centrée sur moi, j’peux la laisser se balader en free sans problème.

Seul soucis, si on croise des gens elle y va en protection et aboie un coup avec la crête bien dressée). Ca peut se passer nickel si les gens n’ont pas peur, c’est vite chiant si les gens ont peur.
On notera que les deux dernières fois où je l’ai rappelé au pied parce qu’on a croisé des gens, elle est revenue. Il y a un progrès, donc. A continuer de bosser.

Avec les chiens étrangers, encore dans un mode « on joue, on joue » !
Un peu plus « dure » sur son territoire.
Chiante si je suis stressée (toujours la même histoire).

Milieu extérieur humain (bar, restau, café….) : toujours parfait.
Couchée à mes pieds, tranquille, elle attend. Elle veut bien parler aux gens s’ils sont polis avec elle.

En dehors de son territoire, plus il y a de monde, plus il y a de chiens, moins elle est à l’aise. Mais c’est normal j’imagine.
A fortiori si l’endroit est fermé, ou si elle est en laisse.

Pas de réactions de flippe particulière, sauf si je l’ai en laisse au milieu d’une route et qu’on est encerclées de bagnoles. Là c’est la grosse terreur, mais, objectivement, ça arrive rarement, et en voyant des bagnoles (non agressives lol) tous les jours elle commence un peu à se calmer là-dessus.

En bref, et les bonnes résolutions :

Je suis contente de ma chienne.
Il faut que MOI j’arrête de flipper à l’idée de la réaction qu’elle pourrait avoir si jamais on croisait quelqu’un, ça ira mieux petit à petit.
Continuer à bosser l’obe de base pour améliorer le rappel (et le reste), mais ça se fait au jour le jour, petit à petit, sans soucis majeur.

Bosser avec les chats >_<. Et recommencer à la traîner en milieu civilisé quand (si?) le printemps arrivera enfin.... Si certains ont envie de pousser plus la discussion, ou la lecture, un sujet de trois pages (d'où j'ai tiré mon article, ou repris, bref) sur ce forum, orienté sur les Chien loup. http://www.chien-loupus.com/

2 réflexions au sujet de « La socialisation »

  1. J’adore tes articles. Tellement clairs et sans détours!

    La socialisation…. toute une histoire!

    Tu t’en es plutôt très bien sortie avec Ayla. Et ce n’est pas fini….
    C’est vrai qu’en habitant la campagne c’est moins « intense ». Au final je suis assez contente que ma louloute ait passé les premiers mois à Paris, pour la socia c’est parfait 🙂

    j’ai laissé un post dans le forum chien-loupus qui explique où j’en suis avec Kandee.

  2. Ping : La Socialisation – Club Français du Tamaskan

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