Pourquoi Merlin serait un « outcross » de valeur pour les Tamaskans.

Bonjour,

Aujourd’hui, il est question des raisons pour lesquelles Merlin serait un outcross de valeur pour les Tamaskans.

Pour resituer, nous parlons de Merlin, un chien mâle, croisé chien-loup américain et chien-loup tchécoslovaque, au pedigree connu sur plusieurs générations (disponible sur sa page), certains de ses ancêtres ayant même des résultats de tests de santé connus. Ses parents sont stables. Merlin est né le 28 janvier 2015 et est un chien loup à « petit contenu de loup » (low content). Il mesure 70 cm au garrot et pèse 32 kg (aux dernières nouvelles).
La page de Merlin sur le site internet : Merlin – Chien-loup (croisé).

En préambule, je vous invite à (re)prendre connaissance du standard des Tamaskan.
Ici en Français : http://www.tamaskan.fr/?page_id=14

Et là, sur le site officiel, en anglais, pour ceux qui pourraient douter de la légitimité de la traduction du club français : http://www.tamaskan-dog.org/breed-info/breed-standard.php

Ensuite, je voudrais rappeler que la présence de chien-loup dans le tamaskan est acquise, officielle, assumée et même revendiquée depuis 2012. En effet, depuis cette date, d’autres chiens-loups ont été rajoutés (de manière parfaitement transparente) aux lignes déjà existantes. Ces chiens-loups sont au nombre de quatre : un chien-loup tchèque LOF (Xolotl z Peronowki at Van’t Aelse Sluske) en Hollande, un chien-loup américain mid content (Lupo vom Fenriersgard) en Croatie et deux Svensk Varghund : un low content Midas at Vargskuggans (Midas) en Suède, une très low content Bligärdens Avon at Vargskuggans en Suède aussi.

A côté de cela, ont également été rajoutés au « genepool » des tamaskans cinq chiens pas du tout loup : deux huskys LOF (Arrow (USA) et Ninja (Allemagne)), un berger blanc suisse (Invincible Zente Lords Of The White Shepherd (Zente)) en Croatie, un berger belge Groenendael (Inara (affixe tenu secret)) en Hollande, une croisée tamaskan x berger allemand (Morass Atlas at Van’t Aelse Sluske), en Hollande aussi.

Tous ces chiens sont présentés sur le site officiel du tamaskan Dog Register, sur cette page : http://www.tamaskan-dog.org/breed-info/foundation-dogs/

Les photos sont cliquables et vous trouverez pour chacun un portrait reprenant les principales informations pour chaque chien, y compris sa race et les résultats de ses tests de santé. 

Voilà pour la transparence. 

Pourquoi est-ce que nous faisons ça?

Parce que l’ajout d’outcross est nécessaire à la diversité génétique de la race. Pour rappel, le projet tamaskan est en cours depuis une dizaine d’année maintenant. Ayla était le 363ème individu à naître. Sa première portée est enregistrée entre les numéros 587 et 595. Un an plus tard, en étant large, comptons 700 individus. Il y a en moyenne une dizaine de portée qui naissent par an. Il y a en moyenne 10% des chiens enregistrés qui seront disponibles à la reproduction.  

Disponibles à la reproduction, ça veut dire que les propriétaires feront les tests de santé obligatoires (hanches, coudes, DNA ID+filiation, ECVO, DM) et garderont leur chien « entier ». Ca ne veut pas forcément dire que ces chiens se reproduiront, ou, s’ils se reproduisent, qu’ils se reproduiront « beaucoup ».

En partie parce que très peu d’entre nous sont des éleveurs professionnels et qu’en tant qu’amateurs passionnés, faire naître une portée (et le faire bien) est un travail immense, en amont, pendant et après pour le suivi des chiots. Et j’aime croire que ce travail, nous le faisons tous bien, et donc y consacrons les ressources, l’énergie et le temps nécessaires.
Et d’autre part parce qu’il y a peu de partenaires potentiels (en terme de consanguinité) et intéressant (en terme de développement de la race vers le standard) pour chaque chien.

Vous voulez des chiffres?

En Europe, il y a 4 chiens disponibles à la reproduction et compatibles avec Ayla. Deux sont frères, et l’un a déjà été utilisé pour sa dernière portée (Nanuq). Les deux autres présentent les mêmes types de faiblesses qu’Ayla (en terme de structure), ce que je ne souhaite pas fixer car c’est contraire au standard.

Ayla est une chienne qui a un tempérament « parfaitement » tamaskan. Intelligente, courageuse, curieuse, très ouverte à l’humain, une grosse résistance au stress. Un peu prédatrice, pas mal indépendante, franchement têtue ! Elle a une jolie tête féminine, de belles oreilles, de beaux yeux, une belle couleur, de beaux marquages.
En terme de construction, Ayla mesure 59 cm au garrot, pour un poids de forme à 31kg (et ça fait un chien assez lourd), elle a des allures très sèches et sautillantes, le poitrail large et la fourrure dense mais relativement courte. Ces caractéristiques ne sont pas conformes à ce que vise le standard.

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Justement parce que le tamaskan est une race en développement et que le but est de s’approcher du standard et d’y fixer la race, ce n’est pas grave qu’Ayla (comme la plupart des reproducteurs) ne soit pas vraiment dedans. Par contre, ça le serait de ne pas penser les mariages dans le but de rapprocher la race de son but : le standard. 

C’est ici que Merlin entre en jeu.

En effet, quel genre de chien décrit notre standard…? « un chien ayant l’apparence du loup », un chien-loup donc.

Et Merlin, il entre, en terme de construction et d’aspect, parfaitement dans le standard. Prenez ces photos, allez les comparer aux exigences du standard. 

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C’est à ça que sert un outcross, apporter du sang neuf et améliorer la race. Ici Merlin peut apporter une construction qui est celle que la race recherche, une belle tête, une belle texture de poil, un mental de chien de compagnie, beaucoup de capacités de communication avec ses congénères et une belle stabilité. Le tout avec un « contenu de loup » peu élevé. Statistiquement les chiots issus de ce mariage seraient proches des 20 %. Cela, allié aux qualités d’Ayla donnera sûrement quelques chiots qui seront plus proches du standard que ne le sont leurs parents pris chacun de leur côté.
Pas tous, mais ceux qui ne seront pas « à la hauteur » seront écartés de la reproduction.

Comment puis-je en être sûre?

Tout d’abord, avant d’être « utilisable » pour les tamaskans, Merlin doit obtenir l’aval d’une commission.
Je sais que c’est quelque chose de totalement flou pour les gens qui ne connaissent pas le fonctionnement interne du comité, et parfois même pour les gens étant « dans » le tamaskan. Alors, laissez moi vous expliquer.

Que dois-je fournir à cette commission pour que la candidature de Merlin puisse être examinée?
Les résultats officiels de tout un tas de tests de santé :

  • Dépistage Dysplasie hanches et coudes, avec évaluation officielle de la British veterinary Association
  • DM
  • DNA ID + Filiation
  • ECVO (tares occulaires)
  • Nanisme
  • MDR1

En bonus le « My Dog DNA » est le bienvenu.

Au delà de ces résultats, je dois également fournir une évaluation vis à vis du standard (cliquez ici pour voir le PDF), étant entendu que ce n’est pas à moi de remplir ces cases, mais à un juge ou au moins un autre éleveur.

Il faut également que je fournisse les résultats d’un test de tempérament (en plus de la case « tempérament » de la fiche d’évaluation vis à vis du standard). Là aussi ce test de tempérament doit être réalisé par un professionnel.

Il est extrêmement clair (et ce doit l’être pour vous aussi, chers lecteurs) que si le moindre de ces tests ne donnait pas de résultats suffisamment bons, Merlin serait écarté de la reproduction.

Une fois l’utilisation de « l’outcross » acceptée par le TDR, ce n’est pas « fini ». En effet, pour éviter qu’un mauvais mariage ait des conséquences trop compliquées à « rattraper » sur la race, les tamaskans de première génération issus d’outcross reçoivent un enregistrement « temporaire », ils doivent à leur tour passer une évaluation de tempérament et de conformation au standard à leur un an, et c’est seulement s’ils la réussissent qu’ils peuvent ensuite être utilisés pour de la reproduction.

En terme de tempérament, ce que j’attends de ce mariage, ce sont des chiots stables, ouverts, curieux, centrés sur leurs humains, sociables avec leurs congénères, pas malades en voiture et… câlins (Oui, c’est primordial!). D’autant plus que, comme pour la portée précédente, nous effectuons une socialisation « extensive » des petits. On les met au monde dans la maison, on les biberonne (par principe, pour la socia), on les trimbale, on les fait tripoter à toute sorte d’humains, on leur montre tous les animaux qu’on peut… Bref, on a tous les ingrédients pour obtenir des chiots… dans le standard.

« Le Tamaskan est un chien amical et affectueux. Il ne doit pas se montrer agressif ou trop réservé face aux gens ou aux autres chiens. Sa grande intelligence et sa volonté de plaire le rendent polyvalent dans ses utilisations aussi bien comme chien de travail que loyal compagnon. »

J’ai déjà écrit de multiples articles à ce sujet, mais le fait que Merlin soit un « chien-loup » (américain, suédois, ou tchécoslovaque, ça ne change rien) n’en fait pas un animal « ingérable ». Il est éduqué. Il marche en laisse, il s’assoit, il se couche, il attend, il revient au rappel… bref, c’est un chien.
D’ailleurs, un des fils de Lupo (Outcross chien loup américain),  le petit Odin, tamaskan de première génération, est actuellement entrain de suivre une formation SAR pour travailler avec son pompier de maître.

Alors, évidemment, nous parlons de chien-loups, de chiens primitifs. Peut-être que les chiots issus de Merlin et Ayla seront destructeurs, peut-être qu’ils seront difficilement propres, peut-être qu’ils seront prédateurs (probablement, d’ailleurs), peut-être que leur exubérance ne sera pas toujours bienvenue, peut-être qu’ils seront voleurs… Mais ça n’en fera pas pour autant de mauvais compagnons. Merlin est un super compagnon, il est par bien des aspects plus « facile » qu’Ayla. Et Ayla, à sa façon, est une parfaite compagne aussi.
Et quand on choisit un chien, on s’oriente vers une race qui, au delà de plaire visuellement, s’accordera avec son mode de vie.

Je vous souhaite à tous d’être aussi détendus et confiants envers vos chiens que ce que je le suis avec Merlin à la fois en Ville et dans la Nature. Et c’est ce à quoi je travaille pour mes futurs adoptants 🙂

 

 

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