Prendre un beagle par la main…

En ce moment, la période de la chasse bat son plein, et trois jours par semaine (c’est ta peau contre… Euh non, pardon.) ont lieu de grandes battues visant à « réguler » la population de sanglier.

A chaque fois, quelques chiens sont égarés. En général, rapidement retrouvés, mais parfois…

Hier, en rentrant du travail ma route a croisé celle d’un beagle. Debout au milieu de la route il regardait passer les voitures sans trop s’inquiéter de se faire écraser.
J’ai une faiblesse pour les beagles. Je pense que ça remonte à mon enfance et un des premiers livres que j’ai aimé. Ca s’appelait « c’est mon chien » et je pleurais à chaque fois.

Sans titre

Hier, du coup, j’arrête ma voiture, je descends, je siffle pour attirer l’attention du pépère qui me rejoint immédiatement en trottinant cahin-caha.

Il est ridiculement maigre. On se dit bonjour, il est presque apathique. Je le prends doucement dans mes bras, il se laisse faire. Alors, bon, je le mets dans ma voiture, siège passager. Il se roule en boule et s’endort aussi sec.

Ah, ouais.

On ne se rend pas compte à quel point le monde extérieur peut être exténuant, à tous les niveaux, pour un beagle perdu. Surtout en Lozère, un mois de février particulièrement neigeux et venteux.

Le chien a un beau collier jaune sur lequel sont gravés le nom et le numéro de téléphone de son propriétaire, chasseur prévoyant.

(FAITES-LE! Identifiez vos chiens! Collier gravé, médaille, ce que vous voulez tant que c’est visible (et indolore, merci). Les transpondeurs électroniques (« puces ») c’est bien, c’est le minimum obligatoire, mais, franchement, combien de gens qui trouvent un chien errant ont vraiment le réflexe de l’amener chez le vétérinaire pour vérifier si l’animal est pucé…?)

Bref, j’appelle le propriétaire, je laisse un message sur le répondeur et je m’occupe de mes animaux. Ayla est très inquisitrice, elle renifle le nouveau venu sous toutes les coutures et a tôt fait de lui expliquer que non, on ne va pas fouiller dans « sa » boite à jouets, ni dans les bidons de croquettes, ni dans le sac à main de son humaine. Notre invité, impassible, prend note en continuant son inspection.

Après avoir vérifié qu’Ayla dosait acceptablement la pression qu’elle mettait au petit intru, je les ai laissé le temps de leur préparer leur repas. Dans le doute, ce soir, croquettes pour tout le monde. Une gamelle pour Ayla, une gamelle pour notre invité.
Il a beaucoup de mal à manger et met bien 45 min pour finir sa gamelle.

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Après le repas il reste un moment seul dans la cuisine, puis, finalement, décide de nous rejoindre dans le salon. A nouveau un moment de reniflage intense de la part d’Ayla.
L’invité ignore toujours la grosse (qui, pour le coup, paraît immense à côté de lui.) et décide d’un commun accord avec lui même de s’installer sur le canapé.

Ce canapé a toujours été la « chasse gardée » d’Ayla. Depuis quelques mois elle tolère d’autres animaux dessus. Mais vraiment, vraiment juste « tolérer ».
Je suis donc l’opération avec attention, prête à intervenir si besoin.

Ayla observe l’Invité monter sur le canapé et s’installer au centre. Puis elle fait le tour de la table basse, et se couche par terre, juste sous le beagle.
Je suis ahurie.

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Ahurie, et tellement fière de ma princesse qui, ce soir-là, a accepté sur son territoire un petit bonhomme en état de faiblesse (ce sur quoi je comptais, hein) et, mieux encore, lui a cédé certains de ses privilèges, d’elle-même et a veillé sur lui avec douceur et prévenance.

Notre invité a retrouvé son maître un peu plus tard. Ils étaient tous les deux très heureux de se retrouver.

Et moi j’étais bien contente. Contente que le petit beagle rentre chez lui, contente de la façon dont Ayla s’est comportée avec lui (MEGA CONTENTE). Contente tout court.

Ne laissez pas les chiens de chasse au bord de la route.