Un chien loup comme les autres

Le tamaskan, ce faux « chien-loup, sans loup ».

Durant les premières années du développement de la race (de 2006 à 2012), le tamaskan a été présenté comme étant un chien-loup sans loup, comprendre : un chien ressemblant à un loup sans aucun apport de sang de loup.
Evidemment, ce n’est pas possible.
Evidemment que des chiens loups ont été utilisés pour la fondation de la race.

Les chien-loups à l’origine des tamaskans.

Trois principaux chiens-loups ont été utilisés :

Oskari
(Oxbow Leva Neve)
Bobbi (Djoser van Rijneckerhof)
(apparaît aussi comme Apache Horse dans les pedigrees)
Boogie
(apparaît aussi comme Ivan dans les pedigrees)
Race : Chien-loup Tchecoslovaque Race : Chien-loup de Saarloos Race : Chien-loup Américain High Content
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Ces trois chien loups ont marqué le caractère lupoide des tamaskans.
Il faut également prendre en compte que les « chiens » utilisés pour être mariés avec ces trois là, étaient tous des huskys ou des croisés huskys, cela fait du tamaskan un chien fondamentalement primitif…

Ainsi le tamaskan est un chien loup (à très petit contenu (very low content), entre 10 et 20 % théorique), mais surtout un chien primitif un peu particulier.

Il est encore tôt dans l’évolution de la racep our pouvoir décrire un tempérament particulier et fixé, mais certaines grandes tendances émergent du comportement de nos chiens.
Ce sont ces caractéristiques que je vous propose de découvrir ici.

 

Un chien de meute.

Comme la plupart des chiens primitifs, le tamaskan est un chien de meute.
Le bon côté de cette particularité, c’est que, correctement socialisé (en contact régulier avec des chiens de toute sorte dès son plus jeune âge), le Tamaskan est un chien qui s’entendra bien avec ses congénaires, sans ou avec très peu de cas d’agression entre chiens, y compris de même sexe.
Ce sont des chiens très « codifiés », c’est à dire qu’ils sont très démonstratifs et vont utiliser à outrance tout le prisme d’attitudes qu’ils ont à leur disposition (port de la queue et des oreilles, « mimiques », vocalisations, crête…).
Pour autant, même si cela peut être très impressionnant, un chien adoptant une posture « dominante » (queue portée haute, oreilles dressées vers l’avant, crête levée, grognements) ne va pas se montrer agressif pour autant.

Par exemple, Ayla en bonne « fille unique », est persuadée qu’elle est la reine des chiens et est extrêmement malpolie lors de ses rencontres avec de nouveaux chiens, adoptant tout de suite des postures très « intimidantes ».
Face à d’autres chiens-loups, cela ne pose pas de problèmes dans la mesure où les signaux sont compris et où soit le chien d’en face se soumet, soit la remet en place.
Par contre, les races de chien plus « classiques » qui ne sont pas habituées à ce type de communication ont tendance à interprêter ça comme des menaces « réelles et immédiates » et à répondre immédiatement par des morsures (au grand dam de pupuce, rebaptisée Scarface pour l’occasion.).

Ces attitudes se retrouvent aussi, bien qu’avec moins d’intensité, lors des jeux. Il faut un peu d’expérience pour en devenir familier et apprendre quand « ça craint », ou quand « ça craint pas ».

Le « mauvais » côté c’est que, laissé seul, il y a de fortes chances pour que votre tamaskan ne se sente pas bien. Il est, bien entendu, possible d’apprendre à un Tamaskan à rester seul, mais certains développent une anxiété de séparation qui rendra cet apprentissage extrêmement difficile, et pour le maître, et pour le chien. (Et, euh, pour les voisins aussi.)
Même si votre tamaskan gère bien sa solitude, tenez pour acquis qu’il s’ennuie (au mieux) lorsqu’il n’est pas « avec sa meute ».

Ainsi, quelle que soit votre situation, avant de prendre un tamaskan, prévoyez un plan de repli (un second chien, de sexe opposé et de gabari similaire, aménagement des horaires de travail, garderie pour chien….) au cas où ce serait vraiment un souci.

Rappelez vous, avec ce genre de chiens, toujours prévoir le pire et se réjouir du mieux!

 

Un chien intelligent.

Le tamaskan est souvent (et à raison) décrit comme un chien intelligent.
Mais qu’est-ce qu’un chien intelligent? C’est un chien qui va apprendre vite.
Attention, cela veut dire qu’il apprendra ce que vous souhaitez lui apprendre (pour peu que le message soit clair), mais également de son environnement toute une foule de choses que vous auriez préféré qu’il ignore (ouvrir les portes par exemple).

Le tamaskan apprend vite, mais se lasse tout aussi vite. Ces chiens ont besoin d’une stimulation mentale assez efficace et variée. Par exemple, une balade « courte » (15-20 min) de travail tous les jours (avec les exercices classiques : marche au pied, assis, couché, pas bouger, rappel… et tout ce qui vous amusera.), en plus de la grande balade de jeu qui lui permettra de défouler son trop plein d’énergie.

Un chien qui s’ennuie vite, et aussi un chien potentiellement TRES destructeur. Puisqu’il s’ennuie, le chien va chercher à s’occuper tout seul « comme un grand ». Mais avec ses « fausses bonnes idées » de chien… Or, pour un chien, il y a deux occupations majeures : ronger/creuser/dépioter ou se promener.
Les tamaskans ne sont pas des chiens fugueurs, ce n’est pas une raison pour ne pas investir dans une clôture adéquate, mais ce n’est pas la première des choses à craindre.
Par contre, tout ce qui est à portée de gueule est voué à être machouillé à un moment où un autre. Même lorsque la période « chiot » est finie, lors de poussées d’hormones, de changement d’environnement, ou de report de frustration (votre mâle a senti une chienne en chaleur qu’il ne peut pas rejoindre dans les environs, par exemple), votre mobilier risque fort « d’y passer ».

Que prévoir?
Du temps à consacrer à votre chien. Un chien en présence humaine h24 ne fera que très peu de bêtises.
Un compagnon chien, pour qu’ils puissent jouer et se dépenser ensemble.
Des d’activités avec votre chien, qui le fatiguent assez (physiquement et mentalement) pour qu’il ait plus envie de dormir que de refaire la déco de votre salon.
Un espace « sacrifié » aux pulsions de décorateur de votre animal (chez nous, c’est 400m² de jardin).
Des objets à mâcher (morceaux de bois, sabots de boeufs, bois de cervidés…. ) qui occupent votre chien et lui serviront de « souffre douleur » si besoin est.
Un pourcentage de perte. (:D)

 

Un chien sportif.

C’est de la logique élémentaire, mais étant donné les origines des tamaskans (chiens de traîneaux, chiens de travail…) ce sont des chiens qui ont besoin de « faire » des choses. Soit du sport, soit de grandes balades, soit de l’obéissance… Qu’importe au final, tant que vous prévoyez une activité avec eux.
Ils peuvent tout faire (notez cependant que les épreuves de ring leur sont interdites : race non reconnue et, de toute façon, si un jour la race était reconnue elle serait probablement interdite au mordant sportif.), la partie la plus « compliquée » consistant à apprendre à les canaliser, mais une fois une relation saine établie entre le chien et ses humains, tout vous est possible.

Avec Ayla c’est cani-rando et obéissance. Et c’est cool pour nous deux 🙂

 

Prédation

Le dernier point à vraiment prendre en comtpe, c’est que ce sont des chiens qui ont gardé des réflexes de prédation très marqués.
Il n’y a pas 36 solutions à ça : socialiser votre chiot, le plus tôt et le plus densément possible à toute sorte de bebettes (chat, oiseaux, chevaux, brebis…) et lui apprendre la cessation. Il est possible d’obtenir des résultats remarquables, Jack Daniels vom Muensterland en est un exemple frappant! Mais cela ne se fait pas « tout seul ».
Anticiper au maximum, et se garder une sécurité (une longe par exemple) dans des endroits où il est possible de croiser du gibier/de petits animaux domestiques tant que la cessation/rappel n’est pas parfaitement acquis. Sachant que cet ordre, sur un chien adulte (pour les chiots c’est une autre problématique), est l’équivalent d’un « doctorat du rappel en situation réelle ».
C’est possible de l’acquérir, mais ça demande un gros travail.

 

Et au delà de tout, le plus important avec ce genre de chiens, cela va être de construire une relation, une belle relation de confiance et de respect véritable 🙂

J’ai forcé le trait sur les mauvais côtés, en omettant les cas particuliers comme « la vie en meute et ses désagréments » par exemple, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de bons côtés, ou que ce sont des chiens ingérables.
Les tamaskans, par exemple, font partie des CL les moins craintifs, ils sont extrêmement faciles à socialiser dans tous les milieux et à l’humain, et c’est un vrai confort pour les propriétaires.
Ce sont également des chiens indépendants, qui ne passeront pas leur vie à vos pieds en quémandant un ordre ou une marque d’attention, il faut aimer, mais je sais qu’en ce qui me concerne c’est un point extrêmement positif!

Ces chiens, comme tous les chiens, seront ce que vous en ferez, rien n’est plus vrai. A vous de vous donner les moyens de façonner le compagnon que vous avez rêvé d’avoir. Tout est possible 🙂

Pour plus d’infos sur ma relation avec Ayla, et ce qu’on a mis en place et comment, je vous encourage à jeter un coup d’oeil au blog, dans les rubliques suivantes :

Les Apprentissages (avec les moments de frustrations, les tatonnements, les « victoires »… Tout ça tout ça)

Généralités avec en particulier l’article sur la Socialisation